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Projet - Base de données Faune du Québec


Lagopède des saules

Nom latin : Lagopus lagopus

Distribution géographique : Le Lagopède des saules est une espèce typique des régions nordiques. Au Québec, il niche principalement dans les zones de toundra et de taïga situées au nord de la province, notamment dans le Nunavik, ainsi que le long de la Basse-Côte-Nord. Pendant la saison de reproduction, il privilégie les milieux ouverts composés de landes arbustives, de marécages, de tourbières et de vallées fluviales où poussent des saules nains et des bouleaux arbustifs.

En hiver, l’espèce effectue des déplacements irréguliers vers le sud. Ces mouvements, appelés irruptions, dépendent surtout de la disponibilité de nourriture et des conditions climatiques dans le Nord. Certaines années, des groupes descendent plus au sud du Québec et peuvent être observés en Abitibi, au Lac Saint-Jean ou ailleurs sur la Côte-Nord. Ces présences hivernales dans le sud de son aire habituelle sont variables d’une année à l’autre et peuvent être assez spectaculaires lors des années d’abondance.

À l’échelle globale, le Lagopède des saules est largement répandu dans les régions arctiques et subarctiques de l’hémisphère Nord, notamment au Canada, en Alaska, en Norvège, en Suède, en Finlande et en Russie.

Migration : Le Lagopède des saules n’est pas un migrateur strict. Il effectue plutôt des déplacements saisonniers irréguliers selon les conditions climatiques et la disponibilité de nourriture.

En hiver, certains groupes quittent les régions très nordiques pour descendre plus au sud. Au Québec, il peut alors être observé occasionnellement dans des régions comme l’Abitibi, la région du Lac Saint-Jean ou sur la Côte-Nord. Ces déplacements varient beaucoup d’une année à l’autre.

Caractères distinctifs : Chez le Lagopède des saules, le mâle et la femelle se ressemblent beaucoup durant l’hiver. Leur plumage devient presque entièrement blanc, ce qui leur permet de se camoufler dans la neige. Les deux sexes possèdent également des doigts entièrement emplumés, une adaptation qui agit comme des « raquettes » naturelles pour marcher sur la neige et qui aide aussi à conserver la chaleur.

Au printemps et en été, les différences entre les sexes deviennent plus visibles. Le mâle présente un plumage brun roux sur la tête, le cou et le dessus du corps, alors que la femelle est plutôt brunâtre et fortement tachetée, ce qui lui permet de mieux se camoufler lorsqu’elle couve ses œufs au sol.

Le Lagopède des saules possède aussi un bec relativement épais et robuste. Ce bec est généralement plus gros que celui de la femelle du Lagopède alpin, ce qui aide à distinguer les deux espèces lorsqu’elles se trouvent dans les mêmes régions.

Voix : Le Lagopède des saules produit plusieurs types de sons, surtout pendant la période de reproduction. Le mâle émet souvent des cris rauques et graves, utilisés pour défendre son territoire ou attirer une femelle.

Ces vocalisations peuvent ressembler à des séries de « karr-karr-karr » ou de sons croassants. Les cris servent aussi à avertir d’un danger ou à maintenir le contact entre les membres d’un groupe.

Habitat : Le Lagopède des saules habite principalement les régions nordiques de toundra et de taïga. On le retrouve dans des milieux ouverts où poussent des arbustes bas, particulièrement des saules et des bouleaux nains. Il fréquente souvent les vallées humides, les marécages, les tourbières et les plaines arbustives.

Au Québec, son habitat de reproduction se situe surtout dans le nord de la province et dans certaines zones de la Basse-Côte-Nord, où la végétation arbustive est abondante. Durant l’hiver, lorsque les conditions deviennent plus difficiles dans le Nord, certains individus peuvent se déplacer vers des régions plus au sud comme l’Abitibi ou la région du Lac Saint-Jean, où ils occupent des forêts ouvertes, des champs enneigés et des zones de broussailles.

Nidification : Le Lagopède des saules construit son nid directement au sol. Il choisit généralement un endroit bien dissimulé dans la végétation basse, comme sous un petit saule, dans des broussailles ou parmi les herbes de la toundra. Le nid est une simple dépression grattée dans le sol et tapissée de feuilles, de mousse et de plumes.

La femelle pond habituellement entre 6 et 10 œufs. Les œufs sont brunâtres avec des taches foncées, ce qui les aide à se camoufler dans leur environnement. L’incubation dure environ 21 à 23 jours et elle est principalement assurée par la femelle. Pendant ce temps, le mâle reste souvent à proximité pour défendre le territoire.

Reproduction : La saison de reproduction commence au printemps, lorsque les lagopèdes retournent vers leurs territoires de nidification dans le Nord. Le mâle devient très territorial et effectue des parades pour attirer une femelle.

Le nid est généralement construit directement au sol, souvent caché dans la végétation basse ou sous un petit arbuste afin d’être bien dissimulé des prédateurs. La femelle pond habituellement entre 6 et 10 œufs, de couleur brunâtre et tachetés, ce qui les aide à se camoufler dans l’environnement.

La femelle s’occupe principalement de l’incubation, qui dure environ 3 semaines. Après l’éclosion, les poussins sont capables de marcher et de se nourrir presque immédiatement. Ils suivent leur mère et apprennent rapidement à trouver de la nourriture tout en restant cachés dans la végétation.

Régime alimentaire : Le Lagopède des saules est principalement herbivore. Son régime alimentaire varie selon la saison et la disponibilité des plantes.

En été, il se nourrit surtout de feuilles, de bourgeons, de fleurs, de baies et de graines provenant de diverses plantes de la toundra et des milieux humides. Il peut également manger quelques insectes, surtout les jeunes, car ils ont besoin de protéines pour leur croissance.

En hiver, lorsque la nourriture est plus rare, il se nourrit surtout de bourgeons et de rameaux de saules et de bouleaux. Son système digestif est bien adapté pour digérer ces végétaux coriaces, ce qui lui permet de survivre dans des environnements où peu d’autres oiseaux trouvent de la nourriture.

Longévité : Dans la nature, la longévité moyenne du Lagopède des saules est généralement de 3 à 4 ans, bien que certains individus puissent vivre plus longtemps lorsque les conditions sont favorables. La mortalité est plus élevée chez les jeunes durant leur première année, notamment à cause des prédateurs et des conditions climatiques difficiles.

Prédateurs : Le Lagopède des saules est une proie importante pour plusieurs prédateurs du Nord. Les œufs et les poussins sont particulièrement vulnérables.

Parmi ses principaux prédateurs, on retrouve :

le Renard roux

le Renard arctique

le Harfang des neiges

le Faucon gerfaut

Les œufs peuvent aussi être mangés par d’autres animaux opportunistes qui trouvent le nid au sol.

Status de population : À l’échelle mondiale, le Lagopède des saules est considéré comme une espèce relativement commune dans les régions arctiques et subarctiques. Sa population peut toutefois varier d’une année à l’autre selon les conditions environnementales, la disponibilité de nourriture et la pression des prédateurs.

Au Canada et au Québec, l’espèce n’est généralement pas considérée comme menacée. Elle fait partie des oiseaux bien adaptés aux milieux nordiques.

Fiche mise à jour le : 2026-03-12 - Nombre de consultations : 73